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Recul du trait de côte en Normandie : quelles conséquences juridiques pour les propriétaires ?

1 sept.
3 min de lecture

Falaises qui s'effritent, dunes qui reculent, plages qui rétrécissent : l'érosion côtière n'est plus un phénomène lointain sur le littoral normand. Elle touche déjà des communes entières et redessine progressivement le rapport des propriétaires à leur bien.


Recul du trait de côte en Normandie


Un phénomène qui concerne une part croissante du littoral

Le décret n°2026-47 du 15 janvier 2026 a renforcé les règles d'information liées au recul du trait de côte, dans un contexte où une commune côtière sur quatre en France est aujourd'hui exposée à des risques d'érosion ou de submersion. Ce constat, qui n'épargne pas le littoral normand, a conduit le législateur à créer un cadre juridique spécifique pour anticiper les conséquences de ce phénomène sur les biens immobiliers.



Le cadre créé par la loi Climat et Résilience

La loi Climat et Résilience a introduit pour les communes concernées, la possibilité ou l'obligation d'établir une carte locale d'exposition au recul du trait de côte, ainsi que la délimitation, dans les documents d'urbanisme, d'une zone exposée à ce recul à un horizon de 30 ans et à un horizon compris entre 30 et 100 ans.

Ces zonages ne sont pas anodins : ils conditionnent directement ce qu'il est possible de construire, rénover ou étendre sur une parcelle, ainsi que les obligations qui pèsent sur le propriétaire.



Une information obligatoire lors de la vente

Pour les biens situés dans ces zones d'exposition, le vendeur a désormais l'obligation d'informer l'acquéreur du risque de recul du trait de côte, dans le cadre du dossier de diagnostic et de l'état des risques remis avant la vente.

Un défaut d'information sur ce point peut être source de contentieux entre vendeur et acquéreur après la vente, notamment si le bien perd rapidement de sa valeur ou devient inconstructible.



L'obligation de consignation pour les constructions nouvelles

Le dispositif le plus contraignant pour les propriétaires concerne les projets de construction neuve.

L'article 242 de la loi du 22 août 2021 a instauré un nouveau régime de construction dans les zones d'érosion littorale exposées au recul du trait de côte, prévoyant que les propriétaires devront, avant d'engager leurs travaux, consigner auprès de la Caisse des dépôts la somme nécessaire à la démolition future du bâtiment.

Cette somme, dont le montant est fixé par l'autorisation d'urbanisme, correspond au coût prévisionnel de démolition du bâtiment et de remise en état du terrain. Un décret d'application récent est venu préciser les modalités pratiques de cette consignation pour les communes concernées, avec un délai de trois mois laissé au maire pour se prononcer sur la conformité des travaux de démolition une fois ceux-ci réalisés.


Concrètement, tout propriétaire qui construit aujourd'hui dans une zone identifiée à horizon 30-100 ans doit intégrer dès la conception de son projet, le coût futur de sa propre démolition.



Le rôle du commissaire de justice face à l'érosion côtière

Dans ce contexte mouvant, le commissaire de justice peut intervenir à plusieurs niveaux pour accompagner les propriétaires du littoral normand.


Constater l'évolution du trait de côte sur son propre terrain

Pour un propriétaire qui observe un recul progressif de la falaise, de la dune ou du talus en bord de mer, faire réaliser un constat régulier de l'état du terrain permet de documenter précisément la progression du phénomène dans le temps.

Ce constat peut s'avérer précieux en cas de démarche auprès de l'administration, de l'assurance, ou pour anticiper une éventuelle procédure d'expropriation ou de rachat amiable.


Sécuriser une vente en zone exposée

Un constat de l'état du bien et de ses abords, réalisés avant la mise en vente, peut appuyer l'information donnée à l'acquéreur et limiter les risques de contestation ultérieure sur l'étendue du risque connu au moment de la transaction.


Documenter un sinistre lié à l'érosion

Effondrement partiel, fissures liées à l'affaissement du terrain, dégradation accéléré d'un mur : un constat rapide après un événement permet de figer la situation avant qu'elle ne s'aggrave, et constitue une pièce utile pour toute démarche auprès d'une assurance ou d'une collectivité.



Anticiper plutôt que subir

Le recul du trait de côte transforme durablement la relation des propriétaires normands à leur bien, entre nouvelles contraintes d'urbanisme, obligations d'information et incertitude sur la valeur à long terme des biens situés en bord de mer. Se faire accompagner tôt, dès le projet de construction ou l'achat d'un bien en zone exposée, permet d'anticiper ces conséquences plutôt que les découvrir au moment d'un sinistre ou d'une vente.


L'étude RVC, présente à Saint-Pair-sur-Mer, Avranches et Vire, accompagne les propriétaires du littoral normand dans la constatation de l'évolution de leurs biens face à l'érosion côtière.

Elle vous accompagne également dans l'estimation de la valeur de votre bien immeuble si vous le souhaitez avec notre étude RVC immobilier.


Pour en savoir plus sur le constat, découvrez notre page dédiée



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